Actualité - Prison à perpétuité pour l'ancien dictateur qui aimait tuer son peuple

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​​Luc Bassong - Londres  



Imaginons un instant, la réaction d’une des victimes d'Hissène Habré au terme du procès fleuve apprenant la condamnation à perpétuité de l’ex-homme fort de Ndjamena :
« Prison à vie ? C’est tout ? Monsieur le Juge, vous plaisantez ? Ce monstre a massacré ma famille, fait bruler mon village et réduit ma vie à néant et vous voulez le garder bien au chaud, logé, nourri aux frais du contribuable ? Dites-moi que vous plaisantez, monsieur le Président ? Autant le libérer ! »

 
Enseignements d’un procès historique

La décision de l’institution judiciaire nous enseigne trois leçons fondamentales : 
1- Dans un Etat de droit, la Justice ne saurait se mettre au service de la vengeance.
2- Ensuite, l’arsenal judiciaire international ne peut inventer des peines exceptionnelles au motif que les crimes jugés revêtent, eux, un caractère exceptionnel.
3- Enfin, la sanction affligée n’a pas vocation à satisfaire toutes les victimes mais à rendre la justice, donc dire le droit, et envoyer un signal fort à la communauté des victimes, lui affirmant : « Nous avons reconnu vos souffrances »  
  
Au-delà du cas Habré, ce jugement prouve au monde et a la CPI surtout que l'Afrique est capable de juger ses monstres quand elle s'en donne les moyens. Si ce jugement pouvait aussi servir d’avertissement aux dictateurs en exercice aujourd’hui, il ouvrirait ainsi la voie d’une nouvelle ère sur notre continent : une Afrique sans dictateur. Tel est le vœu que nous formulons. 
    
Des extraits du proces d'Hissène Habré (Mai 2016)

Extraits vidéos fournis par l'organisation Human Rights Watch. 
Hissène Habré. ​Ce nom ne dit sans doute rien aux jeunes générations. Les plus de trente ans le connaissent pourtant bien. Il figure sur leur liste des dictateurs africains les plus cruels du siècle dernier. Les faits l’attestent : 8 ans et 5 mois d’un règne sans partage sur le Tchad entre 1982 et 1990. Des dizaines de milliers de morts. Des viols systématiques. Des disparitions par centaines. Des populations réduites à l’esclavage. Tel est le bilan politique d’Hissène Habré. Difficile de faire "mieux".
 
La Justice a enfin rattrapé Habré
 
Le 01 Juin 2016, le Tribunal de la CAE (Chambres Africaines Extraordinaires) a jugé cet ex-partenaire de la France et des Etats-Unis. L’accusé n’a pas formulé de remords. Une ultime insulte faite aux familles des victimes et aux associations parties civiles. Sans leur ténacité, le sieur Habré coulerait des jours paisibles dans un pays du Golfe.  Il emboiterait ainsi le pas d’Idi Amin Dada mort en Arabie Saoudite en 2003 en « bon » croyant. Mais fort heureusement, la Justice l’a rattrapé. La CAE l’a reconnu coupable de crime contre l’humanité, crime de guerre et de torture. Verdict : prison à perpétuité. Là aussi, difficile de faire mieux.  

 


Un autre dictateur:


"Général Idi Amin Dada:Autoportrait"  Film documentaire de 1974 réalisé par Barbet Shroder. Une oeuvre tragique et magnifique sur l'ubuesque dictateur ougandais.            
 

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