Société - Afrique et dépression nerveuse : pourquoi tant de rejet ?

Les raisons peuvent être multiples. Cet état psychique est généralement dû à des traumatismes tels des chocs affectifs, des séparations, des deuils, l'éloignement, la grossesse, la maternité, la maladie, etc. Parfois, la dépression résulte d’une combinaison de plusieurs facteurs. Le deuil, par exemple la perte d'un parent ou d'un être cher, voire la fin d'une relation amoureuse, d'une relation amicale, d'un emploi ou d'une carrière. Toutes ces épreuves de la vie peuvent conduire à la dépression.
 
En Afrique, il est vrai que l'aspect social est parfois omniprésent ; mais trop de social tue le social. Souvent, précisément à cause du social et de l'environnement, nous n'arrivons pas à vivre notre peine ou notre deuil comme il se doit. Nous n'arrivons pas à aller au bout de notre “tunnel”. On nous fait croire que nous ne devrions pas exposer notre douleur, parce que dire que "ça ne va pas" est mal vu. Et pourtant quand ça ne va pas, et bien ça ne va pas ! Alors autant le dire et l’affirmer sans crainte.
 
Savoir reconnaître les signes précurseurs d'une déprime annonciatrice d'une dépression nerveuse et ne pas les nier est un préalable pour s'en sortir. Voici une liste non exhaustive de ces signes précurseurs identifiés par le corps médical :
- la fatigue permanente, l'envie de rien, le stress au travail, le manque ou l’absence d’un être cher, la baisse de la libido, la perte d’appétit, les envies de suicide, etc. 
Dans ces cas de figure, l'aide des proches et d'un psychologue s’avèrent indispensables.
 
Ma sœur aînée m'a dit un jour : "quand tu n'as pas la solution d'un problème, c'est que ce n'est pas un problème ". Cette phrase, loin d'être une invitation au défaitisme ou à la facilité, pousse à aller de l'avant quelques soient les difficultés de la vie.​ Alors oui, je suis une jeune africaine qui a déjà vécu une grande dépression après un deuil et d'autres 
Film sur la depression

​​Fatim Toure - Antananarive 




"Dépressive chronique et suicidaire, Emily Taylor demande de l'aide à Jonathan Banks, un psychiatre réputé et ambitieux. Celui-ci lui recommande un traitement expérimental, qui fait peu à peu son effet. Si la jeune femme se sent bien mieux, elle souffre parfois de crises de somnambulisme. Mais un matin, Emily est retrouvée couverte de sang, un couteau dans la main, près du corps sans vie de son mari. La jeune femme, qui dit ne se souvenir de rien, blâme publiquement les méthodes controversées de son médecin. Jonathan Banks, lui, refuse d'assumer la responsabilité de la tragédie. Pour laver sa réputation et regagner la confiance de ses patients, le médecin décide de mener sa propre enquête...."  

                                Telerama.fr
 Déprimé(e) ? En Afrique ? Ça ne peut pas arriver, avec la famille, les amis, l'environnement social, tu ne peux pas l'être enfin ! La dépression c'est pour les "Blancs" ! Je ne sais pas pour vous mais j'ai souvent entendu ce type de phrase et je l'ai même certainement au moins une fois prononcée. Comme si la dépression avait une couleur ; qu'elle ne pouvait pas, ou pire, ne devrait pas nous arriver, nous Africains.
    
    
D'aucuns pensent même que quand vous en parlez, c'est pour vous vanter ou vous faire passer pour ce que vous n'êtes pas. Comme si la dépression était un luxe que les Africains ne pourraient s'offrir. Si vous avez le temps d'être déprimé c'est que vous n'êtes pas assez occupé dans la journée.

 
Pourtant, la dépression existe aussi bien ailleurs que sous nos latitudes. Et elle n'arrive pas "par hasard", il y a toujours des raisons. Certains arrivent à la surmonter mieux que d'autres. Il est important aussi de distinguer la déprime (qui est occasionnelle et passagère) de la dépression nerveuse, qui elle est profonde, sournoise, chronique et durable et aussi, évidemment, plus difficile à surmonter.
        
chocs inhérents à la vie. Je suis humaine, j'ai des sentiments et donc autant d'émotions. Oui, je m'en suis sortie parce que j'ai accepté mon état et l'aide de mes proches ; et aussi parce-que je suis de nature positive.
La dépression est un vrai problème de santé publique. Exhortons les pouvoirs publics et les médecins en Afrique, à mieux sensibiliser les populations sur le sujet. Un dépressif n'est ni possédé, ni envoûté par je ne sais quel sortilège venant de je ne sais quel marabout. C'est une personne en souffrance qui mérite une attention particulière, et souvent, une aide médicale appropriée. Alors arrêtons le déni et, une fois pour toute, reconnaissons la dépression. Fatim Toure.

 
 

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