Tandis que les uns détruisent les biens et l'unité nationale,  l'architecte, Diébédo Francis Kéré construit des écoles et des espaces publiques adaptés à  la vie moderne africaine dans son village à Gando au sud-est du Burkina.  Luc Bassong

​​Société - Record d’incivilités au Burkina Faso​ 

​​Fatim Touré - Antananarive 

vie humaine et bouleversent nos structures sociales. Alors comment en sortir maintenant que le mal est fait ?​

Ce Burkina où des parents aigris et frustrés par leurs conditions de vie n’ont pas le temps d’éduquer leurs enfants livrés à la télévision et aux réseaux sociaux avec tous les risques que cela comporte.
Un Burkina où les nouveaux riches ne refusent rien à leurs progénitures en croyant se venger d’on ne sait quoi ; tandis que les enfants des moins nantis, souvent devenus envieux, sont prêts à tout pour réussir.

Un Burkina Faso où la morale a tant déserté les esprits qu’une femme qui affiche des signes extérieurs de réussite sociale serait, pour certains, forcément une fille facile qui a vendu ses charmes pour réussir (cela existe aussi), ou bien la fille ou la sœur d’une personnalité en vue.

Palmarès des incivilités au Burkina

Au palmarès des incivilités au Burkina, les infractions au Code de la route. Le personnel de la société de transport STAF figure parmi les experts en la matière.  En Mai dernier, l’un de ses cars a percuté un camion dans un accident mortel entre Bobo-Dioulasso et Ouaga. Conséquences immédiates : pas moins de 24 familles 

endeuillées. En effet, ne pas conduire décemment, ne pas respecter le Code de la route, figure au rang des incivilités les plus criminogènes au Burkina Faso.

Autres incivilités quotidiennes : on brûle le drapeau national, des maisons et des véhicules. Les biens des enseignants sont particulièrement visés par les familles qui défient purement et simplement l’Education Nationale et l’Etat. Même les postes de Police sont pris d’assaut par les proches de criminels que l’on tente de libérer sans égard pour les tribunaux de ce pays.

Mes frères, brûler la voiture du professeur, le poulailler du voisin au village, voire l’Assemblée Nationale, ne vous rendra pas justice. Si vos incivilités se veulent l’expression du ras-le bol d’un déni de justice réel dont vous êtes les victimes, il convient de réviser vos moyens d’interpellation de la société dans son ensemble, parce que là, plus personne ne comprend votre message.

Oui, les incivilités sont le fruit de la colère qui monte dans le pays. Elles sont, purement et simplement, en train de désintégrer notre société et pulvériser nos valeurs. Il est temps que l’Etat réagisse fermement sinon, le pays des hommes intègres… commencera à se désintégrer. Fatim Touré.
Depuis quelques temps, des incivilités d’une gravité exceptionnelle détériorent le climat social au Burkina Faso : maisons brulées, édifices publiques saccagés, population molestée, menaces et intimidations. Comment en est-on arrivé là ? 

Des années d’impunité et de violences sociales et politiques sont les premières explications qui viennent à l’esprit. Mais de quel Burkina Faso parlons-nous ? Du pays où des enfants qui sont nés et ont grandis en paix constatent impuissants le laxisme de la Justice qui ne sanctionne pas assez, voire pas du tout, ceux qui le méritent. Un Burkina où on annule des mandats d’arrêt qui n’ont jamais été vraiment émis et où, finalement, personne ne sait plus qui est toujours poursuivi où pas.

Nous parlons bien d’un Burkina Faso où des Kolgweogos (milices armées) se sont formées dans des zones rurales. Ces bandes furent initialement constituées pour défendre les populations exposées aux banditisme; avec l’assentiment de l‘Etat incapable d'assurer la sécurité sur toute l’étendue du territoire. Mais déléguer la sécurité à des hommes épris de violence, qui mêlent rites traditionnels et parodie de Justice cause des pertes en