Ayyahh de Ouaga -Ouagadougou 

en général, pour vivre intensément ces moments bénis.

Aujourd’hui, je constate que nous sommes de plus en plus nombreuses à répondre aux sirènes de la modernité dans les méthodes d’apprentissage de notre rôle de parent. Est-ce juste un effet de mode ? Un reflexe générationnel ?  Non. Il s’agit d’une tendance forte qui traverse la société urbaine africaine.
 Désormais, les canaux traditionnels d’accès à l’information ne nous suffisent plus. Après avoir annexé notre rapport au travail (sites de recherches d’emploi) et nos liens intimes (sites de rencontres et réseaux sociaux), Internet s’installe dans notre apprentissage de la parentalité.
A y regarder de plus près, on constate que la quasi-totalité des ressources disponibles en français sur le web ou en librairie font essentiellement la promotion des différentes méthodes éducatives occidentales. Les seules ressources africaines que j’ai réussi à dénicher lors de mes longues recherches ciblaient le public de la petite enfance à travers la publication de comptines, de chants, de livres d’histoires, de contes africains, etc.
Rien ou si peu de méthodes africaines modernes pour les nouveaux parents du continent.
 
Au final, plutôt que d’opposer les voies de transmissions traditionnelles du savoir aux jeunes parents et l’apport indéniable des nouvelles technologies, on pourrait associer tous ces trésors de l’humanité pour aider les jeunes parents africains. On pourrait par exemple enregistrer le savoir de nos mères, nos tantes et nos grands-mères et le diffuser au monde entier via Internet. Une jeune mère de New-York ou Tokyo pourrait ainsi apprendre tant de choses d’une grand-mère de Bandjock ou de Bamako.

Oui. Définitivement.  Nous croyons qu’il y a de la place aujourd’hui pour des sites web et des blogs proposant des conseils de « grand-mères », des astuces ‘old schoo’l comme on dit, en format html, mp3, mp4…, bref du contenu éducatif africain proposé à l’humanité toute entière. Oui, il y a de la place pour cela, alors à bon entendeur… Reine Dagbo.
    

Société - Les cyber nouveaux parents africains 

Femme enceinte
Avec l’arrivée d’un enfant, les parents développent un réflexe naturel de recherche d’informations. Cette recherche possède un caractère d’urgence lorsqu’il s’agit du tout premier bébé. Avides de conseils, nous nous transformons en véritables éponges parce que nous avons besoin d’être rassurés sur notre nouveau rôle de parent.
   
Il n’y a pas si longtemps, en Afrique à l’annonce d’une grossesse, le premier réflexe consistait à prendre conseil auprès de nos ainés lors de discussions animées. Tous les sujets étaient abordés : les interdits alimentaires, les comportements à éviter, les astuces beauté , etc.
Et lorsque bébé arrivait enfin, une parente venait vivre avec la famille pour prendre soin du nouveau-né durant les tous premiers mois de sa vie. Au cours de cette période s’opérait une transmission des connaissances et des savoirs- faire entre la parente et la nouvelle mère. 

Bien que ce mode de transmission orale demeure, force est de constater qu’il n’est plus le seul.  De nombreux nouveaux parents se tournent désormais vers Internet, quitte à confronter plus tard les informations glanées avec celles communiquées par la famille et les amis. Le succès des sites tels que Babycenter ou Maman travaille est une belle illustration de ce phénomène social.
 
Comme de nombreuses femme africaines citadines et actives, je me suis inscrite sur un site dédié à la maternité lorsque j’ai su que j’étais enceinte. Puis à la naissance de mon fils, j’ai été prise d’une fièvre acheteuse. ​J’ai acquis une bonne dizaine de livres de puériculture, sans parler de ceux qui m’avaient déjà été prêtés par des amies. Bien sûr, j’ai également profité des conseils de ma mère et de ma famille