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Société - Les filles de mon quartier ne sortent qu'avec des Blancs

​​Moustique - Libreville



La mixité aujourd'hui est aussi bien amoureuse, sociale que culturelle.
L'essai de la sociologue Gabrielle Varro, chargée de recherches au CNRS, nous éclaire sur tous ces aspects de la vie contemporaine. 
Toutes les filles de mon quartier sortent avec des Blancs. Elles les attrapent dans les discothèques et les bars de la capitale. Elles les appellent « mon Blanc » ou « mon gars ». Mais leurs « vrais gars », c’est nous. Les hommes du quartier. On les a vues grandir, ces filles. On les connaît comme si on les avait faites. Même quand elles pètent, on reconnaît leur odeur. Ces filles-là, on les respire les yeux fermés. 

Un jour, un Français m’a demandé si cela ne me faisait rien de le voir lui et ses amis faire main basse sur nos sœurs. Je lui ai répondu que la victime n’est pas toujours celle que l’on croit. Coucher avec une femme, ce n’est pas la posséder. Encore moins si tu dois la payer. Nous les gars du quartier, on ne paie pas pour faire l’amour. Il ne manquerait plus que ça. Les filles du quartier nous connaissent bien. On est fauché comme tu n’as jamais vu. On passe parfois des semaines sans voir cent francs. Et pourtant, on fait l’amour tous les jours. Tandis que les touristes débarquent avec leurs économies. Nous, on est servi sur un plateau d’argent.


J’ai toujours dis que la pauvreté n’est pas là ou on la voit. Dans ma culture, est pauvre celui qui n’a pas à qui parler. La vraie misère, c’est la solitude.  Quand personne ne te fait une place dans sa vie. Là, tu comprends ce qu’il te manque vraiment. Une voiture, une maison, des millions ne peuvent remplacer un regard qui te reconnaît. Ni une voix qui te dit « vient ». Les filles de mon quartier le savent bien. Matin et soir. On est là pour elles. Elles font partie de nous. Je dirais même, elles sont la meilleure part de nous. Celle qui n’a pas de prix. Oui. J'aime les filles de mon quartier. C'est clair. Moustique.


La Film référence sur la mixité amoureuse réalisé par le génial Spike Lee en 1991. 


​​​Aujourd'hui de plus en plus nombreuses sont les unions interraciales qui ne résultent pas de la "nécessité" mais sont le fruit de l'amour. Cela tient tant de l'immigration, que de l'uniformisation progressive des moeurs et de l'expansion du tourisme.
 Luc Bassong.

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