n° 37/98 du 20 juillet 1999, qui dit en son Article 14 que « Peut se faire reconnaître la nationalité gabonaise à titre de nationalité d’origine : […] Toute personne qui, ayant été recueillie au Gabon avant l’âge de quinze ans, y a été élevée soit par l’assistance publique, soit par une personne de nationalité gabonaise”.

​Deux camps irréconciliables

Rien ne réconciliera ces deux camps. Mais il y a pire encore : aucun d’entre eux ne semblent considérer la satisfaction des besoins du peuple comme priorité de l’agenda électoral gabonais. D’ailleurs, tout le monde se comporte comme si le peuple gabonais n’existait pas ou n’avait pas son mot à dire.      
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Actualités -  Elections présidentielles au Gabon:
Triste pays ! 

​​Moustique - Libreville  



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Pierre Péan poursuit son observation des turpitudes de l'État pétrolier et de ses accouintances avec le microcosme affairiste et politique francais. Éloquent.
Triste Gabon. À quelques jours de l’élection présidentielle, la question de la nationalité réelle d’Ali Bongo occupe (encore) le centre du débat politique.
    
Deux camps s’opposent aujourd'hui au Gabon. D’un côté, les tenants du TSAB (Tout Sauf Ali Bongo) essentiellement des anciens caciques des régimes Bongo père et Bongo fils associés à des opposants au pouvoir mis en place par Jacques Foccart en 1960. Leur bouclier suprême : l’Article 10 de la Constitution gabonaise qui stipule que : « Toute personne ayant acquis la nationalité gabonaise ne peut se présenter comme candidat à la Présidence de la République. Seule sa descendance ayant demeuré sans discontinuité au Gabon le peut, à partir de la quatrième génération ». Les partisans de la stricte application de la Constitution rappellent à qui veut l’entendre qu’Ali Bongo, né au Congo, est l’enfant adoptif d’Omar Bongo, l’ancien président ; et qu’il serait en fait nigérian, biafrais plus exactement, donc inéligible.

De l’autre côté de l'échiquer politique gabonais, se tiennent les barons du PDG (Parti Démocratique Gabonais au pouvoir depuis 1968) restés fidèles à Ali Bongo qu’ils ont installé au pouvoir avec la « bénédiction », si ce n’est l’appui, de Nicolas Sarkozy (alors président de la République Française), de la GLNF (Grande Loge Nationale de France) et des chefs d’Etats membres de la CEMAC.
Ces soutiens majeurs d’Ali Bongo avancent quant à eux le Code de la Nationalité Gabonaise régi par la loi  
Une grande Voix gabonnaise
Qu’Ali Bongo soit gabonais ou non, n’est-il pas trop tard pour se poser la question ? Il est président de la république depuis le 16 Octobre 2009. Il convient plutôt de se demander quel bilan économique et social a-t-il à faire valoir avant de solliciter le suffrage du peuple ? L’éducation, la santé et l’emploi au Gabon ont-ils connu des améliorations depuis son accession au pouvoir ? Sa vision politique, si tant est qu’il en ait une, projette t’elle le pays vers le fameux « Gabon émergent » dont les médias d’Etat ne cesse de rabâcher les oreilles ? Quant à l’opposition, a-t-elle un programme politique de gestion du pays ou bien sa réflexion ne dépasse pas le cadre restreint de la contestation de la nationalité d’Ali Bongo ?
 
Seul le peuple gabonais peut répondre objectivement à toutes ces questions. Il se ferait d’ailleurs un plaisir de le faire en votant en son âme et conscience lors de l’élection présidentielle du 27 Aout 2016. Oui, le peuple gabonais n’hésiterait pas une seconde, si seulement le scrutin était libre et transparent, ce qui n’a, jusqu'à présent jamais été le cas dans ce pays. Vraiment triste Gabon !   
    
         


 Pierre Akendengue